mardi 28 février 2012

"Sud Ouest France": les trois coups au Salon de l'Agriculture

Aqui!
L'autre façon de partager l'information en Aquitaine


Que n'a t-on écrit et depuis au moins trente ans à propos de la coopération interrégionale...Ce devait être le prolongement naturel des lois de décentralisation, une manière intelligente de concevoir le développement entre régions entre proximité et affinités. Et voici que par une sorte de petit miracle qui ne doit pas seulement à la politique, c'est à dire aux couleurs identiques de leur conseil régional, l'Aquitaine et Midi-Pyrénées ont décidé de faire marque commune sous le vocable « Sud Ouest France. » Une signature destinée à accentuer la promotion des produits agro-alimentaires des deux régions. Les deux régions et leurs présidents l'ont portée sur les fonts baptismaux ce 27 février dans le cadre évident du Salon International de l'Agriculture de la Porte de Versailles à Paris avec ce qu'il fallait de nourritures terrestres et de chants d'Aqui!. D'ici.
Alain Rousset avait d'abord rappelé l'engagement, qui ne date pas d'hier, de la Région au service de l'agriculture et de l'agroalimentaire. Une Aquitaine qui a de bonnes raisons de revendiquer AREA...AREA comme Agriculture Respectueuse de l'Environnement, un dispositif qui a permis dans un contexte où l'exigence environnementale devenait plus importante, chaque jour davantage, d'aider des exploitations à s'équiper, se mettre à niveau, progresser dans leur modèle d'exploitation. Dix ans se sont écoulés et, petite cerise sur le gâteau, AREA vient de se voir reconnaître comme "certification environnementale de Niveau 2". Dix ans et dix mesures qui ouvrent d'intéressantes perspectives d'évolution et d'aides pour les exploitations concernées. La preuve est ainsi faite qu'une collectivité territoriale a pu jouer un rôle moteur dans les progrès d'un secteur vital pour toute son économie.

Bientôt "les marchés de plein air"
L'Aquitaine qui s'est également résolument tournée vers le soutien au bio a décidé, notamment de créer, en direction des lycées dont elle a la compétence en terme d'organisation, un courant de fourniture depuis les producteurs régionaux qui a abouti à ce jour à la distribution de dix neuf millions de repas. Un département, la Dordogne est en pointe en ce domaine. Et, désormais la coopération entre Aquitaine et Midi Pyrénées trouvera un terrain supplémentaire d'action au bénéfice des exploitations désirant emprunter la voie de la conversion. Prochaine étape, dès ce printemps, le soutien des marchés de plein air, des marchés de proximité avec une signalétique particulièré . On l'a compris, en ces temps de crise où l'emploi agricole et alimentaire tient le choc et se développe il convient de diversifier autant que faire se peut l'offre de produits. Et la promouvoir.

le territoire Sud Ouest
La création de la bannière Sud Ouest France que ses promoteurs, Aquitaine et Midi Pyrénées ne craignent pas d'accompagner du slogan : "une bannière, deux Régions, c'est une Révolution", a précisément pour objectif de renforcer les moyens de valoriser le potentiel agricole et alimentaire du Sud Ouest. En l'occurence il ne s'agit pas de créer à côté des AOC, IGP et autres labels une marque dont le cahier des charges viendrait compliquer le travail des producteurs et la stratégie des transformateurs mais de les complèter en revendiquant la vocation d'un vaste territoire, riche de treize départements, et connu pour la qualité de ses produits. Saisir le grand rendez vous de l'agriculture international qu'est le salon de la Porte de Versailles était une opportunité que les deux régions n'ont pas laissé passer. Et, comme il se doit, une soirée festive a ponctué cette journée à l'heure, où le Salon ayant fermé ses portes, la plus grande ferme de France mérite vraiment ce qualificatif.

Petit clin d'oeil à Pierre Oteiza dont les petits porcs basques suscitent, ici comme à Bordeaux ou dans les Aldudes, la même admiration.

Les-Aldudes Pierre Oteiza, star de « 5 jours à la ferme »

Sud Ouest mardi 28 février
Par Xabi
Les-Aldudes

Le Salon de l'agriculture vient d'ouvrir ses portes. à compter d'aujour-d'hui, lundi 27 février, France 3 diffuse à 13 heures un magazine intitulé « 5 jours à la ferme ». Valérie Payet, rédactrice en chef, présentera l'émission avec Thierry Marquet.

Au cours de cette émission, Valérie Payet dans « 24 heures en immersion », partagera une journée avec des hommes et des femmes qui ont fait le choix d'une agriculture différente et engagée. Ainsi, une fois par jour, l'on verra successivement un producteur d'oranges biologiques en Corse, un pêcheur de coquilles saint-jacques, à Saint-Quay-Portrieux en Bretagne, une productrice indépendante de Roquefort, un producteur d'olives et d'huile d'olive à Nice, et Pierre Oteiza et ses porcs pie noire du Pays basque.

Respect du consommateur
Au cours du tournage au saloir collectif des Aldudes, le jeudi 15 février, Valérie Payet a précisé : « Je n'ai pas choisi de montrer une filière, mais de parler d'agriculteurs qui ont fait des choix, comme Pierre qui a réhabilité le porc basque aux Aldudes. Je trouve plus intéressant de proposer des gens aux démarches constructives et exemplaires axées sur la valorisation du patrimoine et des richesses ». Et d'ajouter : « Je propose des personnes qui défendent des valeurs basées sur la transmission, la valorisation et le respect du produit et par là du consommateur ».

Pour Valérie Payet, Pierre Oteiza est représentatif de cette volonté de défendre un terroir, de respecter le consommateur tout en étant ouvert sur le monde (puisqu'il exporte sur le Japon) à l'instar des autres producteurs choisis.

L'émission d'humeur de Valérie Payet sera complétée par des reportages comme « l'Agriculture de demain », dans les centres de recherche de l'Inra, suivi par « les Animaux du salon » où Thierry Marquet conduira le téléspectateur à travers les coulisses de la préparation d'un concours et, en duplex, des journalistes régionaux de France 3 présenteront leur région à travers un produit ou une filière.

lundi 20 février 2012

Le porc Kintoa, la Rolls des cochons

Sud ouest lundi 20 février
Par Richard Picotin
Le Kintoa se rapproche de l'AOP, espérée dans deux ans.

Le 25 janvier dernier, le Kintoa, porc pie noir du Pays basque, l'une des six espèces locales encore répertoriées en France, s'est approché un peu plus de l'Olympe que constitue l'appelation d'origine protégée (AOP). Ce label qui, à l'horizon de deux ans, achèvera de donner ses lettres de noblesse à la Rolls des cochons dont les jambons goûteux, soigneusement affinés, et à la chair délicatement persillée, régalent les fines bouches.

L'Institut national de l'origine et de la qualité (Inao) a en effet décidé de nommer prochainement une commission d'experts, dont la mission sera de délimiter précisément les contours de l'aire géographique de production. En se basant sur des critères historiques notamment, la filière propose que celle-ci recouvre tous les cantons du Pays basque, plus, en Béarn, ceux de Salies, Sauveterre, Navarrenx, Oloron-Ouest, Aramits et Accous. La filière propose également que 70 % de la part des aliments devra obligatoirement provenir de l'aire géographique et prévoit que chaque parcours d'engraissage (les champs et les montages où les cochons sont élevés en plein air pendant un an) ne recevra que le nombre d'animaux que sa topographie permettra.

Produit de niche
Ainsi débute la dernière étape de la constitution d'un dossier dont la démarche a été initiée il y a dix ans. « Désormais, ce n'est plus qu'une question de temps », se réjouit Michel Oçafrain, président de la filière porc basque.

Un porc basque qui revient de loin. Car, quand, en 1990, Pierre Oteiza décide de le sauver, il n'en reste plus qu'une trentaine de spécimens. Aujourd'hui, quelque 70 éleveurs et une quinzaine de naisseurs assurent la pérennité et le développement de la race.

2 000 porcs ont été engraissés l'an passé, mais l'objectif est d'atteindre les 4 000 cochons dans les trois ou quatre ans.

100 euros net par porc
Au cours des derniers mois, cette croissance a été freinée en raison de l'incertitude qui planait sur le prix de l'alimentation des animaux, orienté à la hausse. Pour contourner la difficulté, la filière a signé un accord avec Xabi Suhubiette pour la fourniture des aliments de complément à un prix garanti pour un an, durée d'élevage d'un porc. « L'objectif est la lisibilité et d'offrir à l'éleveur un revenu net de 100 euros par porc », poursuit Michel Oçafrain.

La filière souhaite donc séduire de nouveaux producteurs qui peuvent bénéficier de financements à hauteur de 50 % pour leurs équipements. L'objectif pour 2012 est d'intégrer un éleveur-naisseur, un nais-seur-engraisseur et entre 7 et 10 engraisseurs équipés de deux à quatre parcs.