mardi 18 octobre 2016

Lres Portes Ouvertes 2016


La Vallée s’ouvre sur le monde…
Entre le marché des producteurs fermiers, les conférences sur “les mines antiques d’Urepel, cuivre, argent et or”,  “les structures pastorales du Goiherri en montagne de Cize” ou encore “l’avancée des recherches archéologiques dans le site de Mehatze”, l’ouverture “du Village des artisans... comme autrefois”, le comice agricole rassemblant vaches, chevaux, brebis, cochons, le récital de chants basques en hommage à Xalbador, ce berger-versificateur capable d’improviser plusieurs heures durant ou les parties de pelote à main nue, en se gardant d’oublier le bal des Portes ouvertes, ce samedi fut encore bien rempli ! Riche de découvertes, de culture, d’échanges et de rencontres, de musique et de gastronomie… Transcrire en quelques mots cet immense foisonnement voulu par les membres d’AIBA - organisatrice de ces journées, cette association entend bien, avec “esprit de jeunesse et de renouveau”, toujours plus “conforter la dynamique de la vallée” - est une rude tâche !
Tout nous semble essentiel et l’on redoute quelques fâcheux oublis…  Après mures réflexions notre choix s’est arrêté sur ce “Grand défi” que se sont très fraternellement lancés, au Joko Berri  du bar de notre amie Maika, les deux paires Xala - Oçafrain / Bielle - de Ezcura, pour ouvrir ce deuxième journal ! Quatre sacrés gaillards, redoutables devant, aussi bien que derrière, des mains aussi large que l‘arrière train de Messire Kintoa et capables, avec ça, de frapper la pelote avec effet gagnant ! Histoire de se mettre “en appétit”, quatre jeunes espoirs de la vallée en lever de rideau. Ils ont pour noms Franck Elgart et Frantxoa Oteiza contre Mikael Hualde et son comparse Benat Irribarren. Du talent à revendre ! Avec eux, l’avenir est assuré…

Jacques Teyssier









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Se réveiller au son des cloches
 
Mais quelle est donc cette rumeur ? Remonte-t-elle du bas de la vallée ou descend-elle de la montagne ? Les deux, mon capitaine ! 
Ouvrez donc plus grandes vos oreilles et oubliez un peu les doux bras de Morphée. Ce sont les bêtes qui rejoignent les Aldudes. Elles font sonner joyeusement leurs cloches. Elles ont mis leurs tenues d’apparat, lustré leurs poils, peut-être même un trait de maquillage. Que l’on soit ovin ou bien bovin, ou encore Kintoa, tout fier de cette AOC (Appelation d’origine contrôlée) que l’on vient tout juste de décrocher, il s’agit d’être la plus belle ou le plus beau pour tenter de séduire ces diables de jurys afin de se hisser sur la plus haute marche ! 
Ce matin, quand Pantxika Maitia a annoncé l’ouverture du Concours général agricole, le …ème cette année, il fallait jouer des coudes pour s’approcher des bestiaux. Un bon millier toute de même, presqu’autant que d’habitants ! Avec 700 brebis, rien que des manex, dont deux bons tiers de têtes noires, 200 vaches, des blondes d’Aquitaine aux yeux si doux, 80 chevaux et quelques chèvres et cochons, hors concours ces deux là. On discute ferme, on se retrouve, on s’informe. Les maquignons sont déjà passés, histoire de repérer… 
Sans surprise pour les habitués, Philippe Casiriain, maison Detxumea, s’est à nouveau distingué pour ses têtes noires, à l’égal du Gaec Sorhondo-Barbera de Banca, et de Paxkal Sorhondo d’Urepel. Côté têtes rousses, les trois premières places se sont partagées entre Bidart (Elixaldia à Banca), Axier (Golko de Banca) et Hualde (Poko aux Aldudes) Quant aux juments, mention particulière pour Patrivk Zarranz qui a vu toutes ses bêtes primées. Pour les Blondes, il faudra attendre une bonne semaine.
Jacques Teyssier





La musique et les cloches
 Ce matin, à 10 h 30 pétantes, les cloches de l’église paroissiale de Banca, rénovée au XIXème siècle, ont joyeusement répondu aux trompettes, clairons, cors de chasse, cymbales, grosses caisses et tambours des cliques d’Urepel et des Aldudes ! Dame, ce n’est pas tous les jours que l’on rentre en fanfare dans la maison de Dieu. Du joyeux, de l’enthousiasme donnant l’envie de chanter. 
Pour cette messe solennelle, le public s’est serré. Les femmes dans la nef et les hommes dans les deux magnifiques galeries toutes de bois sculptées, comme le veut la tradition en Pays basque. Deux escaliers, pour monter aux étages. Moment de recueillement autant musical, que spirituel, presqu’œcuménique !
Jacques Teyssier





La précision du chien de berger
 
Un vrai spectacle ! Il fait courir les foules dans toutes les Pyrénées. Des férus, des passionnés, mais aussi des curieux, comme ce fut le cas en cette après-midi, un peu fraîche et voilée. Certains même étaient montés très tôt. Pour choisir les bonnes places sur les hauteurs d’Esnazu. Celles leur permettant de bien voir toute la scène, avec ces maîtres guidant leurs chiens, juste à la voix, au sifflet ou seulement au geste, comme le faisait Jean Lassalle. Député des Pyrénées-Atlantiques et habitué des Aldudes - “Je pourrais y venir les yeux fermés”, note-il en saluant l’ami Pierre - ce grand marcheur fut berger, comme son père et son frère. “L’essentiel, c’est qu’il ne goutte jamais au sang. Peu importe qu’il soit fougueux dans sa jeunesse. C’est même une qualité. Le chien doit avoir du tempérament. Il va s’habituer à l’homme, la confiance va s’établir, il va devenir son compagnon, jusqu’à se faire tuer pour lui s’il le pense en danger”.
Nos amis à quatre pattes, généralement border collie - ils pourraient être aussi bergers allemand, belge, blanc Suisse, shetlands, Pyrénées à poils longs, hollandais, australien ou encore beauceron - sont à l’œuvre. Ils dirigent les brebis, les font avancer, s’arrêter, tourner à droite ou à gauche, entrer et sortir de l’enclos en un temps imparti, sur un trajet difficile, parfois semé d’embûches… Cinq équipes, toutes des Aldudes ou d’Urepel, dont deux jeunes de 19 ans, se sont amicalement affrontées, pour conduire, avec rapidité et précision, une vingtaine d’agnelles, têtes noires et têtes rousses mélangées. Au final, la famille Hualde a ravi les trois premières places : Mickael d’abord avec Etxe, puis son père Ma réel avec Hego et son oncle Albert avec Argi. Ensuite, vient Mizu Monaco et Eki en 4èmes , puis Mathieu Esain en Argi en 5èmes

Jacques Teyssier
 

Il se nommait Fernando Aire Etxart et avait vu le jour en ce beau mois de juin 1920, sur les hauteurs d’Urepel, où était aussi né son père, sa maman ayant ouvert les yeux à Los Angeles. La maison Xalbadorenea, d’où ce nom de Xalbador qu’il gardera toute sa vie. Une ferme, avec son troupeau de brebis qui lui donnait tant de plaisir. Presque autant que celui d’improviser, pour des amis d’abord et très vite en public, à partir de ses 16 ans ! Une tradition chez les Basques, inscrite dans leur culture orale. On la nomme “bertsularisme”. De l’improvisation chantée et versifiée, sur un thème bien souvent imposé, singulièrement dans les concours. Elle a ses règles, ses écoles, ses joutes, avec modérateurs et juges, et même son championnat. Dans cet art si délicat où rythme et mélodie jouent un rôle essentiel, Xalbador excellait. À Saint-Sébastien, presqu’une Mecque pour les bertsularis, on le redoute et on l’admire. Dès qu’il participe, il se classe premier ! Les sujets qu’il affectionne font la part belle à la nature et au pastoralisme, à la famille aussi, à la maison et au village… En faudrait-il des manuscrits pour reproduire tous ses poèmes ! Un triste 7 novembre le vit brutalement s’effondrer. Tous ses amis l’entouraient, pour fêter la présentation publique d'un recueil de ses textes. Diantre, quarante ans déjà, cela méritait bien une pleine page ! Et méritait aussi ce superbe Kantaldi - un récital de chants basques sur des poèmes du berger-versificateur - que nous ont offert 14 groupes de la vallée, avec autant d’hommes que de femmes. Précédées par la chorale des enfants des trois écoles, ces magnifiques voix ont fait vibrer l’église d’Urepel et plus encore nos cœurs dans la nuit qui tombait ! Demain, nouveaux hommages dans cette même église, avec les improvisations auxquelles vont se livrer, sous la houlette de Joana Itzaina, la présidente de "Bertsularien lagunak”, et de Pantxo Hirigaray, le “local de l’étape”, quatre célèbres bertsularis. Une paire d’heures plus tôt, le C’Vall accueillera deux chanteurs, dont le ténor Michel Tellechea, sur des textes de Xalbador.
Jacques Teyssier
* Le poeme de Xabaldor se cache dans les Mots ...

 

Quand Cécile nous montre comment prendre la balle au monde ! 
Au risque de contrarier tous les pilotaris de la terre, usant d’un xara, d’une pala, d’un chistera ou de leur simple pogne, et tous ceux disputant à Novak Djokovic sa première place, il existe bel et bien un sport bien plus que millénaire. Il se jouait à main nue ou avec un gant de cuir et se pratiquait en plein air. Au temps de Henri IV et de sa poule au pot, on préféra jouer en salle, comme celle où eu lieu le Serment ! On les appela les “tripots”, bien avant sa connotation libertine… En ces temps, on en comptait plus de 250 rien que dans la capitale ! Progressivement, les paumistes sont passés de mode. Il n’en reste guère aujourd’hui, même si la discipline recommence à séduire. Elle passionne Cécile Alchuteguy. Devenue, sans aucun professeur, première joueuse française, cette jeune femme est venue de Bayonne pour présenter, au trinquet des Aldudes, ce jeu qui l’enthousiasme chaque jour davantage. Comme l’on disait à l’époque, elle a “épaté la galerie” !
Jacques Teyssier

 

Kintoa Kurri
Grand pêcheur s’il en est, Christian et son ami David entendaient bien participer. Courir, ils aiment ça, et pas seulement le long des berges de l’Adour. Une nuit un peu courte, câlinée de quelques chaudes vapeurs d’Irouléguy et plus encore de patxaran, contraria le projet… Quand nos deux compères ouvraient les yeux, 136 courageux de 19 à 58 ans - soit 23 de plus qu’en 2014 -, dont vingt femmes, s’étaient depuis longtemps lancés dans la Kitoa Kurri, une course pédestre d’un peu plus de 20 km tout autour de Banca, à travers pistes et sentiers. 1.300 mètres de dénivelés tout de même avec deux sommets à la clef ! Toujours en grande forme, Philippe Bordenave l’a emporté en 2 heures, 3 minutes et 24 secondes. Côté dames, c’est Carole Duhart qui a pris la première place en 2 heures, 30 minutes et 48 secondes. Grand bravo !
Jacques Teyssier

 

Paper Mende
Beti Tanpoi Bat Falta !
On aurait pu pleurer… mais ce soir, on a bien ri dans cette belle salle du cinéma Sanoki, toute refaite à neuf. Dirigée par Jean-Louis Negeloua, la troupe de théâtre Larrazkeneko Loreak jouait Paper Mende, une des très nombreuses pièces, humoristique celle-ci, écrite par Piarres Larzabal. Un sacré personnage ! Né à Ascain en 1915, ce prêtre, qui participa activement à la Résistance et à la fondation d’une association d’aide aux réfugiés basques fuyant la répression franquiste, devint membre de l'Académie de cette langue qu’il a toujours résolument défendue. À ses yeux, le théâtre basque devait être capable de traiter des questions de société, des problèmes de conscience et d’identité de ce peuple. Paper Mende conte l’histoire de cette famille voulant construire et ne cessant de se heurter à la bureaucratie… On se croirait presqu’en 2016 !
Jacques Teyssier






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