Publié le 02/03/2012 à 06h00
Par julien pellicier
Les Basques s'y retrouvent et attirent les visiteurs intrigués par une telle ferveur
Aveu d'un responsable du protocole du Salon de l'agriculture : « Si les Basques ne chantaient pas, le Salon serait mort. » Pour trouver les dignitaires des Pyrénées-Atlantiques dans les travées de la Porte de Versailles, le visiteur doit en effet se fier à son oreille. Car pour ce qui est de donner de la voix, ils n'ont pas beaucoup de concurrents, à part les Corses, peut-être. Autre option : les attroupements, car le Basque a l'instinct grégaire.
Dans l'immensité de « la plus grande ferme du monde », il y a deux points de convergence. Le premier, dans le hall 1, celui de l'élevage, est dépassé par sa réputation. La taverne de Pierre Oteiza, qui ne vit que pour le service du déjeuner, lequel s'étire sur de longues heures, est un repère de la communauté. Sur la porte du préfabriqué, où règne une chaleur suffocante, la couleur est donnée. Sur une affiche, la photo de Polita, porc basque de la vallée des Aldudes de deux ans qui se demande quand son tour viendra pour devenir la future Valentine, mascotte du salon qui, cette année, est une vache de race gasconne…
Melting-pot
« Ici on parle basque », avertit Thomas Ascarain, au milieu de sa vingtaine de camarades du Centre de formation des apprentis (CFA) d'Hasparren qui chantent et boivent en cœur. C'est leur première visite au Salon, où ils sont arrivés le matin même, et aussi la première dans l'antre du charcutier qu'ils n'ont pas mis longtemps à trouver : « On le connaissait de réputation. » L'envie d'aller voir ailleurs, de découvrir les spécialités lorraines ou l'abricot de la Drôme ? « Non, honnêtement, la question ne s'est pas posée, commentent Sébastien Etchepare et Frédo Minjou. Et il y a aussi des Landais, des Corses. Tout le monde vient ici. »
Dans le hall des régions, ce melting-pot à la sauce basque se retrouve aussi aux alentours du stand de la ferme Agerria, qui sert son foie gras, produit à Irouléguy, et où l'Akerbeltz, la bière brassée à Mauléon, coule à flots. Entre midi et deux et dès 17 heures, on ne passe plus entre les stands, on s'y arrête. Les « exilés » en profitent pour faire des réserves.
Les allées sont noires de monde, des salaisons Oberti, à la ferme Elizaldia, Arnabar, en passant par le consortium du jambon de Bayonne ou le syndicat du piment d'Espelette.
Le voyage du CE
Ici encore, les chants traditionnels résonnent et le port du béret est de rigueur. « Dès que ça chante et que ça boit un coup, les Basques sont là », se marre Pantxo, de la ferme Agerria. En première ligne, on retrouve la colonie de 55 salariés de la fromagerie des Chaumes, montés à la capitale par le biais du comité d'entreprise. Pas vraiment déboussolés, ils ont vite retrouvé les racines et saveurs du pays : « Les Basques s'attirent. Tout le monde se connaît, explique Anicet. C'est malheureux à dire, mais on est bien chez nous… »
Sur les stands voisins, l'ambiance est plus feutrée. Mme Dubourg, viticultrice à Escoussans (33), ne se plaint pas de ses voisins un peu bruyants : « Au contraire, ils attirent les clients. » Laurine, venue du département du Nord, est dans la mêlée car « c'est là qu'il y a le plus d'ambiance et la plus grosse concentration de gens. Mais pour moi, elle reste inexpliquée. » À l'heure de quitter le Salon, elle aura sans doute avancé dans son enquête.
L'actualité de la Maison Pierre Oteiza située dans la Vallée des Aldudes au Pays Basque. Renaissance du porc basque, jambon du Kintoa.
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